Sur l’Opération d’Intérêt National, l’EPA Bordeaux Euratlantique pilote la transformation ou la création d’infrastructures majeures pour accompagner l’accessibilité et l’évolution des quartiers. Parmi les projets structurants figurent : la requalification du pont Saint-Jean et la création du pont de la Palombe et de la trémie Benauge.
Inauguré en 1965, le pont Saint-Jean est le troisième ouvrage à franchir la Garonne à Bordeaux, après le pont de pierre et la passerelle Eiffel. Construit en béton précontraint, il repose sur une structure composée de trois caissons reliés par des hourdis supérieurs, avec une précontrainte transversale. Il mesure 535 mètres de long pour une largeur utile de 26,20 mètres. En 1998, une campagne de renforcement par précontrainte longitudinale est menée pour consolider l’ouvrage.
Un pont au cœur des mobilités métropolitaines
Depuis la fermeture du pont de pierre à la circulation automobile en juillet 2018, le pont Saint-Jean absorbe une part importante du trafic des véhicules légers et a renforcé son rôle dans le réseau de transport métropolitain. Cette position s’est affirmée dans le cadre de la délibération de Bordeaux Métropole de janvier 2016, qui définit la stratégie globale des mobilités à travers le Schéma Directeur Opérationnel des Déplacements Métropolitains (SDODM).
Cette délibération prévoit d’abord la création de la liaison Bassens Campus (actuelle ligne 31), passant par le pont Saint-Jean dans le but d’améliorer la desserte de la rive droite et de la Presqu’île, l’irrigation et le lien entre les différents secteurs de projet de Lormont, de Bordeaux Bastide (Niel) et de Bordeaux Euratlantique, dans le but d’évoluer progressivement vers un BHNS (Bus à Haut Niveau de Service). La délibération prévoit également un nouveau plan de circulation, en réponse aux travaux lourds sur le pont de pierre, avec une interdiction de la circulation automobile sur ce dernier.
Travaux et requalification
- Juillet 2018 : fermeture du pont de pierre à la circulation automobile et report du trafic véhicules légers sur le pont Saint-Jean.
- Mars 2020 : étude de faisabilité technique, validée par Bordeaux Métropole.
- Octobre 2020 : délibération métropolitaine approuvant la convention de transfert de maîtrise d’ouvrage entre Bordeaux Métropole et l’EPA.
- Juillet 2021 : début des travaux de réaménagement des berges et de la tête de pont rive gauche
- 2021–2022 : travaux de confortement et réparation de fissures sous maîtrise d’ouvrage Bordeaux Métropole
- Octobre 2022 : lancement des travaux de requalification du pont sous maîtrise d’ouvrage EPA
- Février 2024 : fin des travaux et ouverture des voies BHNS entre la rue de la Garonne et le quai de Paludate
Les enjeux
L’enjeu de ce projet est d’abord urbain en adaptant les travaux de requalification du pont en cohérence spatiale et temporelle avec les projets de requalification des axes majeurs d’entrée d’agglomération menés par l’EPA : la reconfiguration des têtes de pont sur les deux rives et les requalifications des boulevards des frères Moga et Joliot-Curie.
L’enjeu est également d’apporter une continuité multimodale et de sécurité en prévoyant notamment la création d’un axe dédié au BHNS Bassens Campus (Liane 31), la facilitation de l’accès pour les modes doux avec des aménagements favorisant la circulation des piétons et des cyclistes et réduisant le caractère autoroutier du pont, le maintien de deux voies de circulation pour les véhicules légers, et l’anticipation de la requalification du pont de pierre en préparant le transfert des transports en commun et des mobilités douces vers le pont Saint-Jean.
Cadre contractuel
Une maîtrise d’ouvrage unique a été mise en place pour garantir la cohérence du projet, avec une convention entre l’EPABE et Bordeaux Métropole. Celle-ci définit :
- Les périmètres d’intervention de chaque acteur,
- Les modalités techniques et financières du projet,
- Un financement partagé à 50/50, sauf pour les travaux d’étanchéité et de joints de dilatation, pris en charge à 100 % par Bordeaux Métropole.
Le pont de la Palombe est un ouvrage d’art de 200 mètres de long qui enjambe 29 voies ferrées de la gare Bordeaux Saint-Jean. Il constitue un axe de franchissement majeur, facilitant les mobilités entre les quartiers Armagnac et Amédée Saint-Germain. Son nom rend hommage au mythique train de nuit « La Palombe bleue », qui reliait Hendaye à Paris via Bordeaux.
Conception et réalisation
Conçu par l’agence Marc Mimram Architecture et Ingénierie en collaboration avec Artelia, et réalisé par Bouygues Travaux Publics et le groupe belge Victor Buyck Steel, le pont a été livré en 2021 puis inauguré le 1er juillet 2022. Il s’inscrit dans le cadre d’un concours ouvert à l’échelle de l’ensemble des secteurs de la ZAC Saint-Jean Belcier.
Fonction et intégration urbaine
Pensé pour encourager les mobilités douces, le pont est accessible aux transports en commun, aux voitures, cyclistes et piétons. Il a été conçu en synergie avec la ville, dans l’objectif de redynamiser le sud de Bordeaux et les abords de la gare. Véritable ouvrage urbain, il s’intègre harmonieusement dans le tissu bâti environnant.
Composition technique
Le projet se compose de trois parties :
- La rampe courbe côté Armagnac : deux segments en béton armé d’environ 100 mètres, se terminant par un remblai,
- Le franchissement principal : un caisson central complété par deux poutres en treillis, un tablier avec arc en superstructure, et une passerelle piétonne soutenue par des consoles métalliques,
- La rampe côté Amédée Saint-Germain.
En septembre 2021, le Conseil de Bordeaux Métropole a adopté un nouveau schéma des mobilités qui prévoit la mise en service de 7 lignes de bus express (BEX) à horizon 2027.
Lien entre Bordeaux et Floirac
Coupées depuis 2007 par les voies ferrées, les villes de Bordeaux et Floirac vont à nouveau pouvoir être reliées par la création de la trémie Benauge qui deviendra plus qu’un souterrain. Cet ouvrage, réalisé par l’EPA pour le compte de Bordeaux Métropole deviendra un espace végétalisé et multimodal et accueillera ainsi bus express (future ligne H circulaire), piste cyclable bidirectionnelle sécurisée, trottoirs confortables pour les piétons et voiries à double sens.
L’objectif de la trémie Benauge est de franchir les voies ferrées et le boulevard Joliot-Curie et relier les quartiers d’habitat, les pôles économiques et les grands axes métropolitains. En somme, un projet structurant pour désenclaver les quartiers, améliorer la desserte inter-rives et accompagner les mobilités douces.
Intégration paysagère
Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage technique, le confort des piétons et l’importance du paysage sont traités avec la même attention que l’ensemble des espaces publics. La notion de grand paysage est respectée : du côté de Floirac par la continuité de la voie Eymet et du Parc Eiffel, et du côté de Bordeaux par la continuité vers le parc Pinçon. Ainsi, l’infrastructure dont la livraison est prévue en 2027, s’intégrera dans un cadre paysager apaisé dans la continuité de ces 2 espaces végétalisés.
Interventions préalables
Avant le démarrage des travaux de la trémie Benauge proprement dite, plusieurs interventions préalables ont été nécessaires entre janvier 2022 et mars 2024. Ces étapes ont inclus des acquisitions foncières et des démolitions ciblées, suivies de travaux sur l’ouvrage en U de la voie Eymet (juin 2024 à janvier 2025) et du dévoiement du boulevard Joliot-Curie, désormais en service depuis le 9 décembre 2024. Ces opérations ont permis de préparer le terrain pour un chantier aux multiples contraintes.
Contraintes
La proximité immédiate de la plateforme ferroviaire impose des interventions nocturnes sous interceptions ferroviaires et consignation caténaire, notamment pour les départs de parois moulées et les opérations de levage. Sur le plan technique, le traitement des sous-pressions nécessite la mise en place d’une enceinte étanche en paroi moulée durant les travaux, ainsi qu’un radier sur micropieux en phase définitive pour garantir la stabilité hydraulique à moyen et long terme. À cela s’ajoutent des contraintes environnementales liées à la gestion de la pollution, et des exigences réglementaires comme la fermeture hydraulique côté Benauge, indispensable pour respecter les hypothèses DLE de la ZAC.
Découvrez les infrastructures
Dernière mise à jour : 29 août 2025