Histoire de l'OIN

Depuis ses prémices et premières réflexions dans les années 2000, l’Opération d’Intérêt National (OIN) Bordeaux Euratlantique témoigne de la capacité d’un territoire à se réinventer face aux défis urbains.

Zoom sur les grandes étapes de cette opération d’envergure.

Années 1990 - 2000 : genèse d’un projet d’aménagement d’intérêt national  

Le projet d’une Opération d’Intérêt National (OIN) dans la métropole bordelaise découle d’un contexte de profondes mutations urbaines amorcées dès les années 1960. La désindustrialisation progressive de la rive droite de la Garonne, puis d’une partie de la rive gauche, transforme le paysage : les dernières sécheries de morues, chaudronneries, papeteries et sites de chimie réparties autour des lignes ferroviaires laissent place à un tissu hétéroclite de logements, d’entrepôts et de friches. Cette désaffection culmine au tournant des années 2000 avec la fermeture des ateliers SNCF, des abattoirs ou encore du site Esso de Bègles.  

En parallèle, les premiers échanges autour de la LGV jusqu’à Bordeaux s’articulent avec la mise en service de la branche Sud-Ouest de la LGV Atlantique jusqu’à Saint-Pierre-des-Corps en 1990, suivie de l’approbation d’un schéma directeur de développement. Ce projet donne lieu à un débat public, puis à des études préliminaires sur la section Tours-Bordeaux en 1998. Finalement, un contrat de concession d’exploitation est signé en 2011 entre le Réseau Ferré de France (RFF) et Lisea. 

Dans ce contexte de transformation urbaine et de réflexion sur les mobilités, une mission de préfiguration de l’OIN Bordeaux Euratlantique est lancée à la fin des années 2000, amorçant la structuration d’un projet d’aménagement à l’échelle métropolitaine. Les enjeux sont multiples : évaluer l’opportunité de créer une OIN, définir son contour et l’articulation ferroviaire puis évaluer le potentiel foncier. 

Dès 2008, la SNCF et ses filiales, les collectivités territoriales et l’État s’engagent dans un projet commun réunissant les enjeux ferroviaires et les enjeux territoriaux. Pour ce faire, la SNCF établit un schéma directeur du patrimoine ferroviaire des abords de la gare Bordeaux Saint-Jean et de Gattebourse. Sont identifiés environ 30 hectares comme potentiellement mutables sur Amédée Saint-Germain, Gattebourse et Armagnac. 

Années 2009-2010 : création de l’OIN Bordeaux Euratlantique et de son Établissement Public d’Aménagement  

 L’OIN Bordeaux Euratlantique est créée en 2009. Elle s’étend sur 738 hectares, couvrant des secteurs stratégiques des communes de Bordeaux, Bègles et Floirac. À l’époque, l’ambition est de porter la population de la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB, ancien nom donné à Bordeaux Métropole) à 1 million d’habitants d’ici 2030. L’enjeu de l’OIN Bordeaux Euratlantique est d’y contribuer en accueillant 50 000 nouveaux habitants et 30 000 emplois. 

Pour piloter cette opération, l’État crée en 2010 l’Établissement Public d’Aménagement (EPA) Bordeaux Euratlantique, acteur de coordination entre l’ensemble des parties prenantes (collectivités, opérateurs, habitants). Il a pour mission de concevoir et mettre en œuvre un urbanisme cohérent, innovant et durable, à travers des quartiers mixtes et évolutifs.  

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Années 2010-2015 : structuration de l’EPA et engagement des 1ères opérations  

Le protocole de partenariat d’origine avec la SNCF est signé en 2010, portant sur les conditions de mutabilité du foncier ferroviaire dans les 3 secteurs identifiés. Il prévoit la réalisation des travaux de reconstitution nécessaires à la poursuite des activités ferroviaires. Un consensus sur deux points est acté : 

  • la prise en charge par l’EPA de la gestion de la pollution des terrains et de la démolition ; 
  • la répartition entre les 26 hectares de fonciers confiés à l’EPA et les 4 hectares aménagés par la SNCF. 

Après les premières études d’avant-projet et démarches de concertation réglementaire et volontaire, la phase opérationnelle s’intensifie à partir de 2014 : un protocole foncier est signé avec la SNCF, ouvrant la voie à la transformation d’anciens sites ferroviaires sur la ZAC Saint-Jean Belcier, elle-même créée en 2013.  

Années 2015-2020 : une montée en puissance opérationnelle des nouveaux quartiers 

De grands projets structurants sont lancés puis mis en œuvre dans les nouveaux quartiers : Armagnac nord et ses immeubles tertiaires ; Paludate – Corto Maltese qui amorce la mutation des quais ; la reconquête de la rive droite avec l’ouverture en 2015 du parc aux Angéliques, ... deux ZAC sont alors actives de part et d’autre de la Garonne (Bordeaux Saint-Jean Belcier et Garonne Eiffel, créée en 2016).  

Un projet stratégique et opérationnel (PSO) est engagé en 2015 et établit une constructibilité de 2 500 000 m² sur la durée programmée de l’opération, soit 2010-2030. Il couvrait la période 2016-2020 et définissait les objectifs de l’EPA, sa stratégie ainsi que les moyens qui seraient mis en œuvre pour les atteindre. 

En parallèle, des 1ères études sont enclenchée sur le territoire de Bègles. À Bègles Faisceau, la Cité Numérique voit le jour en 2019, avec reconversion portant sur 25 000 m². Ce territoire s’inscrit dans une dynamique plus large, incarnée notamment par le parc de l’intelligence environnementale Eunice Newton, qui devient un lieu emblématique de la transition écologique et technologique du territoire à Bègles, et ce, dès les premiers permis d’aménager. 

Années 2021-2025 : une ville toujours durable et solidaire 

À partir de 2021, l’Établissement s’est engagé dans une démarche partagée de bilan et d’évaluation de la première décennie en vue de mettre à jour sa feuille de route. Il s’agit d’engager la poursuite de l’opération sur la base d’un partenariat renouvelé. 

Les orientations entretiennent la vocation de l’OIN de développer une ville résiliente, sobre, inclusive, et ce, dans un contexte climatique et social toujours plus prégnant. La stratégie de l’EPA Bordeaux Euratlantique s’ajuste en conséquence : l’aménageur intègre les politiques métropolitaines de transition (Plan Climat, Schéma des mobilités 2020-2030), favorise l’émergence de nouvelles pratiques (soutien à l’Économie Sociale et Solidaire, urbanisme transitoire, filières durables du bâtiment...) et favorise résolument l’accès à des logements de qualité. 

Validée le 8 mars 2024, la nouvelle feuille de route stratégique de l’EPA Bordeaux Euratlantique prolonge son OIN jusqu’en 2040, confirmant la pertinence et l’utilité de l’opération à l’échelle métropolitaine. Elle permet d’anticiper les enjeux de demain nationaux et territoriaux : démographie, adaptation climatique, cohésion territoriale, développement économique. Les prochaines années verront la finalisation des quartiers en cours et la consolidation de leurs liens. 

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Dernière mise à jour : 05 mars 2026